« La crise est en cela un accélérateur de l’intelligence collective et de l’innovation de l’équipe »

Interview

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En partenariat avec l’Agence Régionale pour l’Amélioration des Conditions de Travail (ARACT), les OPCO de l’ESS et Chorum, l’UDES a sondé, du 20 février au 13 mars 2020, les structures de l’ESS de moins de 50 salariés en région Sud-Provence-Alpes-Côte d’Azur, dans le cadre de l’expérimentation Le Lab’QVT. L’UDES vous propose ainsi de découvrir chaque semaine un dirigeant de l’ESS et sa perception du sens au travail, notamment depuis la crise du COVID-19.

Aujourd’hui, Claire BELABBAS-LUCIANO, directrice adjointe de l’association LSCA dans les Alpes-Maritimes, répond à nos questions. 

 

En pleine crise sanitaire, pouvez-vous nous faire un point sur vos difficultés ? 

L’association LSCA a été crée en 1982 pour répondre à deux besoins qui étaient les loisirs et les séjours pour adolescents et les loisirs pour les adultes en situation de handicap. Aujourd’hui, nous avons élargi notre activité aux enfants et crée des séjours de vacances adaptées aux personnes en situation de handicap. L’équipe est composée de 35 salariés et nous comptons plus de 500 adhérents. 

La crise sanitaire que nous traversons, a entrainé l’arrêt de la quasi-totalité de l’activité. Tous les directeurs et animateurs ont été mis en chômage partiel total, nous avons pu maintenir le travail de manière partielle uniquement de 4 collaborateurs. Cette crise nous a pris de cours et nous devons gérer l’urgence et la sécurité de ceux qui travaillent.

Pour nous la plus grosse crainte ne se situe pas au niveau financier : certaines activités ont bien fonctionné et nous n’avons pas actuellement de problème de trésorerie. Par contre, à ce jour nous ne savons quand nous allons pouvoir accueillir à nouveau du public et si nous pourrons organiser les séjours prévus pour cet été. Si l’activité reprend, nous ne savons pas non plus dans quelles conditions sanitaires et si nous aurons la capacité à les respecter.

Nous avons d’ores et déjà prévu la reprise au niveau de l’équipe du siège pour qui nous combinerons en alternance télétravail et présentiel pour avoir des équipes tournantes afin d’éviter que trop de salariés ne se croisent au bureau. Ce n’est pas tant la distance entre les postes de travail qui pose difficulté chez nous, mais plutôt le matériel commun comme les photocopieurs ou les imprimantes par exemple.

Vous avez mené une réflexion il y a quelques mois sur la question du sens au travail. Pouvez-vous nous en dire un peu plus et si cela a un impact sur la manière dont vous gérez la crise aujourd’hui ? 

En fin d’année dernière, une équipe composée d’une dizaine de salariés à travailler avec un cabinet conseil qui connait bien notre association sur le sens de notre travail. Ce projet a été validé par notre conseil d’administration et a été porté par la direction. L’équipe du siège avait beaucoup changé et nous voulions travailler ensemble sur nos valeurs communes pour défendre au mieux les intérêts de l’association et donc de nos adhérents.

Nous avons travaillé sur l’idéal de notre travail : dans un monde parfait, comment mènerions-nous notre activité et quelles organisations en découleraient ? Cela a permis de mettre en adéquation les valeurs de l’association – partage, respect, ouverture pour tous- avec les souhaits individuels des salariés. Après avoir définit le schéma idéal, nous aurions dû avancer au cours de ce premier trimestre sur la concrétisation de ce travail. La crise sanitaire est venue contrariée ce programme.

Dire que ce travail guide la manière dont nous agissons pendant cette période ne serait pas juste. Aujourd’hui, nous gérons l’urgence en priorité. Cependant, la question du sens est au sein de notre association une préoccupation du quotidien et nous essayons dans chacune des décisions que nous prenons de la faire en cohérence avec ce que nous défendons.

Selon vous, quelle empreinte laissera cette crise dans votre manière de manager et sur le dialogue social de votre entreprise ?  

Je crois que cela me laissera en tête l’idée que l’innovation est toujours possible et que ce que nous pensons impossible, ne l’est peut-être pas.

Cette crise nous permet de découvrir de nouvelles compétences et capacités de travail. Nous ne pensions pas que le travail à distance pouvait se mettre en place de manière aussi efficiente. Je pense qu’après cette crise, nous envisagerons de manière différente le travail à distance tant au niveau des possibilités de télétravail pour nos salariés qu’au niveau des services que nous proposons à nos bénéficiaires.

Au cours des dernières semaines, nous avons mis en place un espace virtuel d’échange à destination d’adultes en situation de handicap mental. Le responsable ainsi qu’une équipe de jeunes en service civique ont travaillé sur ce projet et ont accompagné les adhérents pour rejoindre le réseau social Zoom que nous avons choisi. Cet espace est ouvert aux mêmes horaires que l’accueil que nous faisons en temps habituel dans nos locaux, une dynamique a été créée pour permettre le lien, favoriser le partage et l’échange en étant adapté à ce type de public. Force est de constater que cela est un succès auquel nous ne nous attendions pas !

La crise est en cela un accélérateur de l’intelligence collective et de l’innovation de l’équipe. 

Interview téléphonique effectué le 20/04/2020 par Aurélie RICHER-ROSSI

Pour rappel : Le Lab'QVT est une expérimentation menée par l’Union des employeurs de l’économie sociale et solidaire (UDES) en région Sud - Provence-Alpes-Côte d’Azur. Elle se donne pour objectif de développer une ingénierie de formation innovante destinée à accompagner les petites entreprises de l’ESS (associations, coopératives, entreprises d’utilité sociale) sur la qualité de vie au travail. 

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