« En tant qu’acteur de la protection sociale, nous sommes vigilants sur les conséquences sanitaires et sociales de la pandémie »

Interview

Mis à jour le

En partenariat avec l’Agence Régionale pour l’Amélioration des Conditions de Travail (ARACT), les OPCO de l’ESS et Chorum, l’UDES a sondé, du 20 février au 13 mars 2020, les structures de l’ESS de moins de 50 salariés en région Sud-Provence-Alpes-Côte d’Azur, dans le cadre de l’expérimentation Le Lab’QVT. L’UDES vous propose ainsi de découvrir chaque semaine un dirigeant de l’ESS et sa perception du sens au travail, notamment depuis la crise du COVID-19.

Aujourd’hui, Alain Geindreau, Directeur général de Solimut Mutuelle de France, répond à nos questions.

 

Avant l’urgence sanitaire, vous déclariez que le sens au travail était l’une de vos priorités en matière de qualité de vie au travail. Pensez-vous que le sens au travail est toujours une priorité dans le contexte de la crise sanitaire ?

Notre activité de mutuelle, place le service rendu à l’adhérent-e au centre de nos préoccupations. Avec la crise sanitaire, notre démarche a pris tout son sens !  Nous avons mis en place des actions solidaires à destination des adhérents qui ont impliqué les salarié-es. Nous avons lancé une campagne d’appel pour prendre des nouvelles des adhérent-es potentiellement isolé-es en fonction de leur âge ou de leur profil. Plus de 25 000 appels ont été effectué pendant le confinement. Nous leur proposions un accompagnement global avec l’accès à une offre de téléconsultation avec les professionnels d’Oxance,(les centres de santé mutualistes), une orientation vers des structures d’écoute spécialisées en cas de besoin, la livraison de colis alimentaire pour celles et ceux qui rencontraient des difficultés financières et la mise en relation avec des associations s’ils avaient du temps pour faire du bénévolat. Nous avons également organisé la livraison de milliers de produits d’hygiène au Secours populaire français et aux CCAS des villes avec lesquelles nous avons des contrats de commune. Les salarié-es ont alors dû aller au-delà de leurs fonctions habituelles, veiller au bien-être et à la santé des adhérent-es et ont pu être acteurs de solidarités concrètes. Nous réfléchissons à pérenniser ces actions et à former les salarié-es tant cette façon de créer du lien avec nos adhérent-es a fait sens durant le confinement.

Avez-vous pu maintenir vos activités dans le cadre du confinement? Quelle organisation spécifique avez-vous mis en place ? Comment appréhendez-vous le déconfinement ?

Dès le 13 mars, avant même le discours du premier ministre, tout le personnel qui était équipé de matériel nomade a été mis en télétravail. Dans les huit jours qui ont suivi, nous avons acheté des ordinateurs portables pour que chacun-e puisse être en télétravail.
Les sites administratifs se sont adaptés pour continuer l’activité à distance. Nous avons fait le choix de fermer les agences. Les salariés qui n’utilisaient pas les transports en commun ont continué d’aller en agence, sans recevoir de public, bien-sûr. Nous y sommes arrivés notamment grâce à la réelle réactivité et adaptation dont ont su faire preuve nos équipes, elles ont su être au rendez-vous. 
Nous abordons à présent le déconfinement par phases, en veillant à la santé des salarié-es et dans le respect des consignes gouvernementales. Une commission incluant des représentants des salarié-es travaille à ces modalités de déconfinement chez Solimut Mutuelle de France afin d’établir des protocoles pour les sites administratifs mais aussi pour les agences. Toutes les mesures seront prises pour éviter les situations à risque tout en poursuivant notre activité pour les adhérent-es.

Quels changements constatez-vous dans le management de vos équipes durant cette période de crise sanitaire ?

Un projet d’accord d’entreprise sur le télétravail était en cours de rédaction avant la crise, nous avons donc fait un bond en avant ! Les équipes des Ressources Humaines ont été attentives à ce que ce télétravail contraint n’engendre pas de mal-être chez les salarié-es. Nous avons également accompagné les managers pour les sensibiliser à la situation et aux risques psychosociaux qu’elle pouvait engendrer.
Chacune et chacun a dû adapter sa façon de travailler et de faire travailler ses équipes. C’est une logique de productivité et de flexibilité horaire qui se met en place et qui, selon moi, va dans le bon sens.

Quelle empreinte laissera cette crise dans votre manière de manager et sur le dialogue social de votre entreprise ?

Le CSE de notre mutuelle a été associé durant tout le confinement aux décisions et actions que nous avons menées. S’il est vrai que les réunions en visioconférence ne facilitent pas toujours les échanges, le dialogue social a été maintenu et chacun a joué son rôle durant cette crise.

En tant qu’acteur de la protection sociale, nous sommes vigilants sur les conséquences sanitaires et sociales de la pandémie. Il faut à présent aborder « l’après » et tirer les leçons de ce que nous avons expérimenté au niveau humain, professionnel, économique… C’est une réflexion que nous devons mener ensemble, au sein de la mutuelle mais aussi avec nos partenaires.

 

Pour rappel : Le Lab'QVT est une expérimentation menée par l’Union des employeurs de l’économie sociale et solidaire (UDES) en région Sud - Provence-Alpes-Côte d’Azur. Elle se donne pour objectif de développer une ingénierie de formation innovante destinée à accompagner les petites entreprises de l’ESS (associations, coopératives, entreprises d’utilité sociale) sur la qualité de vie au travail.

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